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La charité, vertu des enfants de Dieu

Nous sommes enfants de Dieu : l’enfant de Dieu ne pèche pas, et pourtant quiconque se dit sans péché est un menteur. Comment concilier ces deux vérités ?

C’est que le péché dont il s’agit n’est autre que la violation du commandement de la charité, et qu’on ne le commet pas quand on est enfant de Dieu et que la pratique de la charité efface les autres fautes.

Or, Jésus Christ nous a enseigné cette vertu par ses paroles et ses exemples ; les saints en ont été des modèles ; le baptême en a déposé le germe en nous ; c’est comme un moyen de voir Dieu sur la terre, puisqu’on aime le prochain qui est son image.

Quiconque aime son prochain a la vie en lui, et quiconque déteste son frère est déjà mort, car il est condamné à mort par Dieu en qualité d’homicide.

Pratiquons donc, s’il le faut, jusqu’à la mort, cette vertu-là plus précieuse de toutes et sans laquelle les autres ne sont rien. […]

Où commence la charité, mes frères ? Réfléchissez un peu ; vous savez déjà où elle puise sa perfection ; quelle est sa fin et son caractère ?

Le Sauveur lui-même vous l’a appris dans l’Évangile : « Personne ne peut témoigner un plus grand amour qu’en donnant sa vie pour ses amis (Jn 15, 13) ».

Dans l’Évangile, il nous apprend donc en quoi consiste la perfection de la charité, et il nous en donne la plus haute idée dans ce passage[…].

Saint Augustin d’Hippone,

Sermon 5 (1Jn3,9-18)