ÉDITORIAL

Un signe de renouveau !

Avec le dimanche des Rameaux, nous allons entrer dans la grande semaine – la Semaine sainte – celle qui précède la fête de Pâques, la plus grande des fêtes pour tous les chrétiens. Si notre regard se tourne avec espérance vers ce jour de Pâques, nous avons à prendre en compte très sérieusement toutes les étapes que constituent les quelques jours qui nous y conduisent : en sept jours à peine, « on passe du chaud au froid et du froid au chaud ».

Il y a tout d’abord cet accueil triomphal de Jésus à Jérusalem. La foule exulte, reconnaissant en Jésus celui qui, par sa prédication et son action, inaugure un monde nouveau, marqué du sceau de la justice, de la paix et de l’amour. A peine trois jours plus tard, nous sommes plongés en plein drame : dernier repas avec les disciples, arrestation, jugement sommaire, cri de la foule, la même, qui cette fois hurle « A mort ! A mort ! » et enfin le supplice le plus infâme qui soit à l’époque, celui de la Croix et la mort qui s’ensuit. Cette fois, c’en est fini, semble-t-il : « Nous avions tant espéré », disent les deux disciples, le soir de Pâques, sur la route qui les mène de Jérusalem à Emmaüs. C’était, bien sûr, sans compter sur la surprise de Dieu : « Il est ressuscité… Ne le cherchez pas parmi les morts… Il est vivant… ».

Outre la matérialité des faits, la résurrection du Christ est là comme un pied de nez à la mort, un défi aux forces du mal et à la violence sous quelque forme qu’elle soit. Pendant tout le temps de carême que nous vivons, nous pouvons nous rendre sensibles aux cris d’hommes et de femmes victimes, aujourd’hui encore, de l’injustice ou de l’indifférence. Nous pouvons vivre ensemble une démarche afin de ne pas rester sourds à leurs appels et prendre conscience que notre vocation de chrétiens est bien d’être proches des plus petits, des plus pauvres, des laissés-pour-compte. Ainsi notre cœur et notre esprit seront prêts pour incarner Pâques chaque jour, comme un signe de renouveau pour notre communauté locale, pour notre Eglise et pour le monde.

Saintes et joyeuses fêtes de Pâques à vous tous !

                                                      Maria MUNOZ-DUQUE